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Pour faire une refinancement d’entreprise, la première étape consiste à déterminer exactement de quel montant a besoin l’entreprise en difficulté pour trouver une solution durable à ses difficultés.

Il convient pour cela de ne pas se précipiter et de réaliser un diagnostic initial réaliste pour connaitre la nature réelle des difficultés. Est-ce des difficultés vraiment conjoncturelles et tout à fait exceptionnelles ou est-ce que les difficultés rencontrées sont la traduction d’un problème de rentabilité plus profond par exemple ? Ce diagnostic permettra d’élaborer un plan de redressement financier et opérationnel, lequel fera apparaître un besoin de financement.

En fonction de ce diagnostic et du besoin global de financement, l’entreprise en difficultés cherchera à rassembler la somme nécessaire en combinant plusieurs moyens. Il convient de garder cependant en mémoire que la recherche de financements pour une entreprise en difficulté est très difficile.

Les différents leviers disponibles sont détaillés ci-dessous:

 

Refinancement d’entreprise en exploitant les actifs de la société

 

Optimiser le Besoin en Fonds de Roulement (BFR)  :

L’optimisation du BFR est un levier trop souvent sous estimé. Il faut pour cela combiner:

  • un meilleur recouvrement des sommes éventuellement dues à l’entreprises, notamment chez ses clients. Attention, la demande de paiements d’avance ou plus rapides à certains clients devra n’être envisagée qu’avec précaution en raison du risque d’inquiétude qui pourrait nuire au fonds de commerce,
  • Allonger – modérément – les délais de paiement de certains créanciers,
  • Négocier – le cas échéant par le biais de la CCSF[1];

Céder des actifs non stratégiques

Céder – s’il en existe – les actifs non stratégiques qui peuvent l’être en étant particulièrement attentif aux conditions de cession qui doivent être documentées, motivées et à prix de marché pour éviter toute mise en cause de la responsabilité des dirigeants (risques liés à la « période suspecte »),

Mettre en place – lorsque cela est possible – des financements sur actifs:

  • Factoring ou autres mobilisation de créances clients,
  • Sale and lease back sur des machines ou des immeubles.

 

Ces trois types d’actions devraient permettre de réduire le besoin de financements pour une entreprise en difficulté résiduel. A charge pour le dirigeant de rechercher les financements complémentaires sous forme de prêt complémentaire, d’augmentation de capital auprès d’actionnaires ou de refinancement d’échéance financière importante

 

Obtenir un prêt pour une entreprise en difficulté 

Il existe des cas où le refus d’une banque d’accorder un financement à une entreprise dans une situation simplement tendue puisse la faire basculer en difficultés.

Dans les faits et même en cas de difficulté passagère, une banque n’accorde que très rarement un prêt aux entreprises en difficultés.Cependant en cas de refus d’un crédit pour une entreprise en difficultés, l’entreprise peut s’orienter vers la Médiation du Crédit.

En cas de refus d’un tel financement, une nouvelle demande à la banque peut être formulée avec l’appui de la Médiation du Crédit. La Médiation du Crédit a été instituée, en novembre 2008, pour faire face aux difficultés que rencontraient les entreprises pour obtenir des crédits bancaires. Elle est ouverte à tout chef d’entreprise, artisan, commerçant, profession libérale qui rencontre une fin de non-recevoir de sa banque, alors que l’entreprise rencontre :

  • des difficulté de trésorerie,
  • un manque de fonds propres.

L’origine de cette institution repose sur une idée simple : ne laisser aucune entreprise seule face à ses problèmes de trésorerie ou de financements.

L’entreprise ne peut s’adresser au médiateur qu’après avoir essuyé un refus de sa banque.

Autre type d’aide pour entreprises en difficulté financière

 

Financements pour résoudre des problèmes ponctuels

Si l’entreprise traverse des problèmes ponctuels, que des solutions internes ont été mise en œuvre ET qu’il existe un plan de retournement crédible, alors le dirigeant pourra se tourner vers :

  • ses actionnaires existants ;
  • ses créanciers bancaires existants pour négocier des délais (le plus souvent, les banques pourront accorder des délais sur le principal en maintenant le paiement des intérêts). Attention, une telle renégociation sera extrêmement difficile à entamer sans que les actionnaires soutiennent d’une façon ou d’une autre. Ce type de négociation – menée avec l’aide d’un mandataire ad ‘hoc ou d’un conciliateur – constituera un très bon moyen d’aide pour les entreprises en difficulté passagère de trésorerie
  • Enfin, l’entreprise pourra rechercher un apport en argent frais de la part d’investisseurs en retournement (fonds de retournement).

 

Financements pour résoudre difficultés de trésorerie structurelles

Les difficultés de trésorerie structurelles entraîneront des solutions moins confortables pour les actionnaires de l’entreprise les rencontrant. En effet, en l’absence de capacité de trouver des financements bancaires, l’entreprise pourra – dans l’ordre de préférence :

  • Demander l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire afin de geler son passif pour l’apurer – le cas échéant – sur un maximum de 10 ans (ce qui correspond à un financement « gratuit » sur la même période mais avec tous les impacts sur le fonds de commerce liés à une procédure collective ;
  • Rechercher des investisseurs en ouvrir largement son capital à des tiers, le plus souvent des investisseurs en retournement qui auront la capacité d’appréhender la situation, de construire, de financer et de mettre en œuvre un plan de retournement. Mais leur intervention tiendra compte de la situation et des risques d’exécution. Dans ces conditions, leur apport se fera sur des bases de valorisation très faibles et les actionnaires existants se trouveront très dilués ;
  • A défaut d’être capable de trouver une solution pour remédier à ses difficultés structurelles (incapacité à financer des mesures correctrices, à convaincre un tribunal ou des investisseurs en retournement de l’existence d’un plan de retournement crédible), la seule solution sera de céder l’entreprise dans le cadre d’un plan de cession qui écrasera le passif ainsi que les actionnaires en cédant le fonds de commerce à un tiers.

[1] La Commission départementale des Chefs des Services Financiers (CCSF) est présidée par le Trésorier Payeur Général (TPG). La commission peut accorder des délais pour payer les dettes fiscales et sociales échues.

 

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